En classe de CP

Le CP, c’est avant tout l’apprentissage des fondamentaux : lecture, écriture, savoir compter. Pour débuter la classe de CP, un certain nombre de prérequis sont nécessaires, constituant la base sur laquelle vont pouvoir s’appuyer les apprentissages : bonne tenue du crayon, latéralisation et repère dans l’espace, capacité de concentration sur une durée modérée, soin… Ces prérequis s’acquièrent normalement en maternelle. Cette année, avec les élèves de CP, il a fallu dans un premier temps mettre en place ces bases, ce qui fut un travail de longue haleine, mais qui porte aujourd’hui de beaux fruits !

Les élèves en classe de CP, encore très jeunes, ont besoin d’un cadre fort, cela les rassure. La vie au sein de la classe est donc orchestrée, rien n’est laissé au hasard, et chaque élève sait exactement ce qu’il a à faire à quel moment. Au sein de ce cadre clair, les enfants sont ainsi libres d’évoluer, et même de prendre des initiatives : ils savent que lorsqu’ils ont fini un travail, ils peuvent aller prendre un livre ou continuer leur puzzle, en attendant que leurs camarades aient fini, pas besoin de demander à la maitresse, et la règle d’or est le silence.

Un roulement hebdomadaire de « métiers » les amène également à assumer de petites responsabilités au sein de la classe : par exemple, le portier vérifie à la récréation que la lumière de la classe soit bien éteinte. Il veille également à ce que la porte du couloir soit bien fermée. Et les petits camarades n’hésiteront pas à lui faire une remarque en cas d’oubli, ils se stimulent donc les uns les autres !

Dans la classe, nous portons également une attention particulière à développer un climat de bienveillance entre les élèves : chacun a appris à demander pardon, à penser à l’autre avant de penser à soi. Et c’est très concret : je ne pousse pas mon camarade pour passer devant lui lorsqu’il faut faire un rang. J’assiste donc à de petites scènes : « je te laisse passer devant moi pour montrer ton cahier à la maitresse ».

J’essaye aussi au maximum de faire des liens entre les apprentissages et la vie quotidienne, afin de montrer aux enfants qu’ils n’apprennent pas pour apprendre, ou pour faire plaisir à la maitresse ou aux parents, mais qu’ils apprennent pour grandir et s’ouvrir au monde merveilleux qui les entourent. Un exemple tout récent : ce lundi matin, j’ai attiré leur attention sur le temps. Ils se sont alors exclamés : « Il y a plein de brouillard ! Comme dans la poésie ! » Et de reprendre tous en chœur le poème de Maurice Carême : « Le brouillard a tout mis dans son sac de coton ; le brouillard a tout pris autour de ma maison ! Plus de fleurs au jardin, plus d’arbre dans l’allée ; la serre des voisins semble s’être envolée. Et je ne sais vraiment où peut s’être posé le moineau que j’entends si tristement crier. »

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